☆ Qu'est-ce qu'on va laisser ? ☆

☆ Qu'est-ce qu'on va laisser ? ☆
Combien de temps ?
Combien de temps encore ?
Des années, des jours, des heures, combien ?
Quand j'y pense, mon coeur bat si fort
Mon pays c'est la vie
Combien de temps encore ? Combien ?
Je l'aime tant le temps qui reste
Je veux rire courir pleurer parler
Et voir et croire et boire
Danser crier manger nager bondir désobéir
Je n'ai pas fini, je n'ai pas fini
Voler chanter partir repartir souffrir aimer
Je l'aime tant le temps qui reste
Je ne sais plus où je suis né ni quand
Je sais qu'il n'y pas longtemps que mon pays c'est la vie
Je sais aussi que mon père disait "le temps c'est comme ton pain, gardes-en pour demain"
J'ai encore du pain, encore du temps, mais combien ?
Je veux jouer encore
Je veux rire des montagnes de rire
Je veux pleurer des torrents de larmes
Je veux boire des bateaux entiers de vins de Bordeaux et d'Italie
Et danser crier voler nager dans tous les océans
Je veux chanter, je veux parler, je veux parler jusqu'a la fin de ma voix
Combien de temps le temps qui reste ?
Combien de temps ? Combien de temps encore ?
Des années des jours des heures, combien ?
Je veux des histoires, des voyages
J'ai tant de gens a voir, tant d'images
Des enfants, des femmes, des grands hommes, des petits hommes, des marrants, des tristes, et des très intelligents
Et des cons
C'est drôles les cons, ça repose
C'est comme le feuillage au milieu des roses
Combien de temps ? Combien de temps encore ?
Des années des jours des heures, combien ?
Je m'en fous mon amour,
Quand l'orchestre s'arrêtera, je danserai encore
Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul
Quand le temps s'arrêtera, je t'aimerai encore
Je ne sais pas où, je ne sais pas comment
mais je t'aimerais encore
D'accord


"Banlieue Pavillonnaire", Enhancer
# Posté le vendredi 21 novembre 2008 13:01

Fukaki Umi no Kanata



"Hustle était en train de penser qu'il serait formidable de pouvoir décider de quoi l'ont allait rêver. La nuit précédente, il avait goûté au jeu de la séduction onirique avec une jeune femme qu'il avait aperçu à la télévision dans la journée.
Le rêve avait décuplé ses sensations, et tout lui avait semblé mille fois plus réel que si cela avait réellement eu lieu.
Quand il y repensait, cette femme était loin d'être un canon de beauté, mais l'aura sensuelle de la dimension onirique avait décuplé le charme de sa lèvre supérieure légèrement retroussée et de ses grands yeux bleus.

Hustle détestait cette sensation dont il était actuellement prisonnier : le réveil ; la sortie des vapes brumeuses du sommeil ; le moment où l'on a encore l'espoir que le rêve qui vient de prendre fin s'est réellement déroulé ; alors on tente de se rendormir en espérant pouvoir rêver d'une suite.
Tout cela est fortuit.
Et pourtant Hustle essayait encore et encore de retrouver le chemin des bras de Morphée ; revivre Elle s'approchant lentement, les bras le long du corps, puis se baissant pour effleurer les lèvres de Hustle avec les siennes, et ses paupières se refermant sur ses grands yeux.
Les mains de Hustle remontant ses bras pour se poser sur ses épaules, et la faire s'asseoir à ses côtés.
Leurs lèvres s'embrassant, se baladant les unes sur les autres, avant de s'ouvrir, laissant leurs langues entrer en contact, et leurs bouches ne devenir qu'une seule ...

Hustle s'accrochait à ces images, joyaux d'une nuit ordinaire.
Il savait que chaque rêve avait une signification, un sens caché, mais à ce moment, il n'avait pas envie de la connaître, seulement de repasser encore et encore dans sa tête la scène du baiser. Et pourquoi pas de se rendormir paisiblement."


Vie et Errance, l'Humanité selon Hustle Secemback
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# Posté le mardi 28 octobre 2008 16:55
Modifié le mercredi 05 novembre 2008 11:47

☆ WE ARE X ☆

☆ WE ARE X ☆
# Posté le dimanche 26 octobre 2008 14:18

☆ We can breathe in space ☆




We can breathe in space, they just don't want us to escape



Enter Shikari - We can breathe in space
# Posté le mardi 21 octobre 2008 13:37

☆ Pride ☆

☆ Pride ☆
"Don Fabrizio lui souriait, le prit par la main, le fit asseoir près de lui sur le divan : "Vous êtes un gentilhomme, Chevalley, et j'estime que c'est une chance de vous avoir connu ; vous avez raison en tout ; vous vous êtes trompés seulement quand vous avez dit : "Les Siciliens voudront être meilleurs." Je vais vous raconter une anecdote personnelle. Deux ou trois jours avant l'arrivée de Garibaldi à Palerme on me présenta quelques officiers de la marine anglaise, qui servaient sur les bateaux qui se trouvaient dans la rade pour se rendre compte des évènements. Ils avaient appris, je ne sais comment, que je possède une maison sur le bord de mer, à la Marina, avec une terrasse sur le toit d'où l'on peut voir le cercle des montagnes autour de la ville ; ils me demandèrent de visiter la maison, de venir regarder ce panorama où l'on disait que les garibaldiens rôdaient et dont ils ne s'étaient pas fait une idée claire depuis leurs navires. Ils arrivèrent à la maison, je les accompagnai là-haut sur la terrasse ; c'était de grands jeunes gens ingénus malgré leurs favoris roussâtres. Ils s'extasièrent devant le panorama et l'impétuosité de la lumière ; ils avouèrent cependant qu'ils avaient été pétrifiés en observant la misère, la vétusté, la saleté des rues d'accès au palais. Je ne leur expliquai pas qu'une chose dérivait de l'autre, comme j'ai essayé de le faire avec vous. L'un deux, ensuite, me demanda ce que vraiment venaient faire, en Sicile, ces volontaires italiens. "They are coming to teach us good manners", répondis-je, "but won't succed because we are gods." "Ils viennent nous apprendre les bonnes manières mais ils ne pourront pas le faire, parce que nous sommes des dieux." Je crois qu'ils ne comprirent pas, mais ils rirent et s'en allèrent. C'est ainsi que je vous réponds à vous aussi ; cher Chevalley : les Siciliens ne voudront jamais être meilleurs pour la simple raison qu'ils croient être parfaits : leur vanité est plus forte que leur misère ; toute intromission d'étrangers, soit par leur origine, soit aussi, s'il s'agit de Siciliens, par leur indépendance d'esprit, bouleverse leur délire de perfection accomplie, et risque de troubler leur complaisante attente du néant ; piétinés par une dizaine de peuples différents ils croient avoir un passé impérial qui leur donne droit à des funérailles somptueuses. Croyez-vous vraiment, Chevalley, être le premier à espérer canaliser la Sicile dans le flux de l'histoire universelle ? Qui sait combien d'imams musulmans, combien de chevaliers du roi Roger, combien de scribes des Souabes, combien de barons d'Anjou, combien de légistes du roi Catholique ont conçu cette même belle folie ; et combien de vice-rois espagnols, combien de fonctionnaires réformateurs de Charles III ; qui sait aujourd'hui qui ils ont été ? la Sicile a voulu dormir, en dépit de leurs invocations ; pourquoi aurait-elle dû les écouter si elle est riche, si elle est sage, si elle est honnête, si elle est admirée et enviée de tous, si, en un mot, elle est parfaite ?
"Chez nous aussi, à présent, on dit en hommage à ce qu'on écrit Proudhon et un petit juif allemand dont j'ai oublié le nom, que la faute du mauvais état des choses, ici et ailleurs, revient à la féodalité ; à moi donc, pour ainsi dire. Peut-être. Mais la féodalité a existé partout, les invasions étrangères aussi. Je ne crois pas que vos ancêtres, Chevalley, ou les squires anglais ou les seigneurs français gouvernaient mieux que les Salina. Les résultats pourtant sont différents. La raison de la différence doit se trouver dans ce sentiment de supériorité qui éclate dans tout oeil sicilien, sentiment que nous-mêmes appelons fierté, mais qui en réalité est de l'aveuglement. Pour l'instant, pendant longtemps, il n'y a rien à faire. je le regrette ; mais dans le domaine politique je ne peux même pas tendre le doigt. On me le mordrait. Ce sont là des discours qu'on ne peut pas tenir aux Siciliens ; et moi-même d'ailleurs, si vous, vous aviez tenu ces propos-là, je les aurais mal pris.
"Il est tard Chevalley : nous devons aller nous habiller pour le dîner. Je dois jouer pendant quelques heures le rôle de l'homme courtois."


Le Guépard, Giuseppe Tomasi Di Lampedusa


Au passage
# Posté le mardi 07 octobre 2008 11:44
Modifié le mardi 07 octobre 2008 12:11